Téléphone

04.26.31.87.98.

E-mail

iserl@univ-lyon2.fr
  • Les Ressources

    Bibliographies, notes de lectures & exercices dédiés aux étudiants.
Éditeur: LARHRA
Pages: 360
Lieu: Lyon
Année: 2015

Notes de lecture

Écrit par Paul Dabadie

Chrétiens et Sociétés – Documents et Mémoires, n° 27

Dirigé par Catherine Maurer et Catherine Vincent, le volume propose les actes du colloque international organisé par la Société d’histoire religieuse de la France et l’Université de Strasbourg. Il s’est donné pour objectif de mettre l’accent sur la différenciation des cultures générées par l’appartenance confessionnelle, mais aussi sur le degré de leur interpénétration, en insistant sur les conflits, mais aussi sur le « vivre ensemble malgré et dans la séparation », pour reprendre la formule célèbre du chancelier Willy Brandt.

Une vingtaine de chercheurs allemands, suisses et français s’interrogent sur les débats théologiques, l’approche juridique et institutionnelle, la confrontation entre l’attitude des autorités politiques et religieuses et celle des populations. Ils s’intéressent à l’évolution des attitudes dans le temps, à la cristallisation sociale et culturelle des différences ou encore au rôle de la durée dans la constitution d’identités confessionnelles concurrentes. Ils examinent enfin les différents degrés de la confrontation, la question de l’exclusion et de la tolérance ainsi que les réalités de la frontière confessionnelle. Partie de l’œil du cyclone, le Saint-Empire, l’analyse est étendue à la France et aux marges orientales de l’Europe. Son horizon reste constamment celui d’établir des ponts entre France, Suisse et outre-Rhin, entre historiographies, entre générations d’historiens, entre confessions aussi.

L’ouvrage ouvert par une introduction de Catherine Maurer et clos par une conclusion d’Yves Krumenacker, est distribué en quatre parties. La première s’intéresse aux différentes réactions face à la coexistence et aux regards mutuels qu’elle suscite à travers le cas des Juifs et des Cathares au Moyen-Âge et du multiconfessionalisme en Lorraine et Alsace à l’époque moderne. La seconde décrit les modalités de la coexistence avec ses débats, les processus de confessionnalisation, la question des conversions en Suisse et dans le Saint Empire. La troisième s’arrête sur plusieurs cas exemplaires d’inscription de la coexistence dans l’espace helvétique et germanique, mais aussi à Paris (Juifs au Moyen-Âge). Elle s’élargit même aux « effets paradoxaux de la mixité religieuse » et la naissance d’une laïcité chrétienne dans « le laboratoire genevois ». La dernière section, sous le titre « Vivre la coexistence ? » examine aussi bien des situations de violence extrême, comme en France au lendemain de la Saint Barthélemy (1572) que des expériences de cohabitation interconfessionnelle comme celle d’une « convivance » catholico-protestante dans la France de la seconde moitié du xviiie siècle. Au total un ouvrage riche en études de cas qui conforme l’impossibilité de réduire à quelques modèles la diversité des situations dans l’espace et le temps.