Téléphone

04.26.31.87.98.

E-mail

iserl@univ-lyon2.fr
  • Les Ressources

    Bibliographies, notes de lectures & exercices dédiés aux étudiants.
Éditeur: Les Éditions de Paris Max Chaleil
Pages: 831
Lieu: Paris
Année: 2015

Notes de lecture

Écrit par Paul Dabadie

Sous la direction de la Shpf (Société de l’Histoire du Protestantisme Français), de Patrick Cabanel et André Encrevé

L’ouvrage constitue le premier tome d’une ambitieuse entreprise éditoriale qui réunit des dizaines de collaborateurs issus de diverses disciplines sous la direction de deux historiens connus et reconnus du protestantisme. Le projet est parti d’un constat : le dernier dictionnaire comparable, La France protestante des frères Haag, en dix volumes, remontait aux années 1846-1859.

« Il était donc temps d’offrir à tous ceux et celles qu’intéresse l’histoire du protestantisme dans notre société, à la fois un instrument de travail, une base de données biographiques et généalogiques, un miroir de ce que les protestants ont apporté à la France, depuis la fin des persécutions en 1787, jusqu’à aujourd’hui ».

On l’a compris, ce dictionnaire se distingue aussi par ses limites chronologiques et le choix de l’édit de tolérance de 1787 comme point de départ.

À l’heure de l’édition numérique, le pari est courageux. Mais le lecteur a vite fait d’éprouver des satisfactions que seul l’imprimé peut dispenser, que ce soit dans la manière de naviguer d’une notice à l’autre, ou dans l’avantage d’avoir entre les mains l’ensemble du document. Au fil des pages et de l’ordre alphabétique, c’est l’extraordinaire diversité des profils, des professions, des engagements qui s’affirme.

« Pasteurs, banquiers, industriels, négociants, hommes d’État… mais aussi des artistes, des écrivains, des cinéastes, des résistants, des féministes, des prix Nobel, des chanteurs et des préfets, des hommes de droite, de gauche, des conservateurs, des révolutionnaires… une galerie de figures extrêmement variées qui ont contribué à donner un accent particulier à l’histoire de notre pays ».

L’ouvrage confirme l’influence des protestants, bien au-delà de leur poids statistique quasi constant (2 %). La liste des industriels ou des penseurs de la laïcité en sont deux expressions remarquables mais l’observation peut s’étendre à la littérature comme aux sciences. On peut évidemment s’interroger sur la nature du lien entretenu avec le protestantisme et la signification de ce rattachement chez des hommes et des femmes aussi différents que Dominique Abel, danseuse et cinéaste, Olivier Abel, philosophe, Maurice Agulhon, historien et professeur au Collège de France, Berty Albrecht, résistante, Marc Allégret, cinéaste… Ou à la lettre B, l’essayiste Roland Barthes, le peintre Frédéric Bazille, le navigateur Alain Bombard, l’industriel Marcel Boiteux, les écrivains Henri Barbusse, et, à la lettre C, Blaise Cendrars, Benjamin Constant, André Chamson, Jacques Chardonne, le cinéaste Jean-Pierre Chabrol… Mais c’est l’intérêt de ce type de dictionnaire, conçu à partir d’un critère confessionnel, de ne pas enfermer les figures évoquées dans une confession dont elles ont pu s’éloigner, en somme de ne pas réduire la biographie à une appartenance religieuse et de laisser au lecteur le soin de se faire une opinion.