Téléphone

04.26.31.87.98.

E-mail

iserl@univ-lyon2.fr
  • L'Institut

    Toutes les informations sur l'ISERL
LOGO LYON 2

Équipe Lyon 2 de l’Institut d’Histoire de la Pensée Classique (UMR 5037), le Groupe Renaissance Age Classique (GRAC), directeur s’attache à analyser et à faire connaître les œuvres de langue française de la période s’étendant de la pré-Renaissance à l’âge classique.

Dans ce but, il poursuit une double tâche, d’édition de textes rares accompagnée de travaux lexicologiques et lexicographiques, et d’analyses de la construction littéraire et de la filiation des principales notions philosophiques. L’activité de l’équipe comprend la recherche des textes, leur saisie, le travail en séminaire sur leur établissement et leur interprétation, les enquêtes nécessaires aux archives, l’étude de réseaux lexicaux, l’étude critique des dictionnaires de l’époque, l’établissement de lexiques d’auteurs et de glossaires spécialisés.

Quatre domaines de recherche peuvent être distingués :

  • Les textes littéraires des XVIème et XVIIème siècles, difficiles d’accès, voire inaccessibles ou mal édités.
  • Le vocabulaire du XVIème et du début XVIIème siècle : textes littéraires, scientifiques et techniques (textes non dépouillés par les auteurs de dictionnaires, voire inédits).
  • Histoire des idées : humanisme et anti-humanisme, fécondité littéraire de l’augustinisme, scepticisme, cynisme.
  • Poétique : théâtre et théories classiques de la représentation ; art poétique de l’école lyonnaise (1530-1550).

La période concernée par les recherches du GRAC, celle des Réformes (protestante et catholique) et du premier essor de la révolution scientifique (mécanisme) touche directement à des problématiques d’ordre religieux. Entre la pré-Renaissance et l’âge classique, sont mis conjointement en cause le statut de la tradition dans la définition de la canonicité, la nature de l’accès aux textes sacrés (traduction de la Bible, lecture par les laïcs, naissance de l’exégèse moderne) et la conception de la cléricature et du corps ecclésial.

Cet ébranlement des catégories religieuses, marqué par des crises et des affrontements parfois violents (schisme, conflits inter-religieux, querelles du jansénisme, du quiétisme) est un objet historique essentiel, évidemment. Mais c’est aussi un modèle d’intelligibilité du religieux et un accès indirect à des problématiques qui restent aujourd’hui d’une brûlante actualité. L’intrusion de la rationalité scientifique dans les objets de foi, l’influence grandissante de nouvelles valeurs liées à la promotion de la conscience individuelle (les difficultés rencontrées par la référence augustinienne en donne une bonne attestation) inaugurent une nouvelle religiosité, dont nous pouvons encore nous tenir pour dépendants.

Si l’analyse littéraire bénéficie des outils que lui apporte l’histoire des idées et des mentalités, notamment religieuses, celles-ci peuvent inversement se nourrir d’interprétations proprement textuelles. Cette remarque, de portée générale, paraît s’appliquer plus particulièrement à la période de crise herméneutique que représente le XVIe siècle. Car c’est par une crise de l’interprétation, c’est-à-dire par un trouble jeté sur le texte par excellence, celui de la Bible, que s’expliquent d’abord les mutations religieuses que connaît la Renaissance.

Quelques objets spécifiques du GRAC constituent son apport scientifique à l’ISERL :

  • l’apparition de l’évangélisme et la poétique nouvelle qui l’accompagne, affectant aussi bien l’instance auctoriale que le pôle de la réception ;
  • « Rationalisme philosophique et acte de foi au XVIe-XVIIe siècles. »
  • Les femmes dans le christianisme : l'exemple de Lyon vers 1560 (relecture de Proba Falconia par Pardoux Du Prat (1557) dans un contexte calviniste / repenser Eve chez Maurice Scève dans Microcosme (1562) dans un contexte catholique.
  • « Regards d'humanistes sur l'islam », à partir de textes apologétiques ou de controverse, principalement rédigés en latin et édités dans la première moitié du XVIe siècle : représentations de l'islam et du monde musulman dans la littérature de la Renaissance. Le travail peut prendre notamment la forme d’ateliers de traduction, attentifs aux difficultés spécifiques de la langue néo-latine. Particulièrement utiles, dans cette perspective, sont les ressources déjà disponibles en ligne sur le site du GRAC, « Les Mondes Humanistes et Classiques » (dossier « Le dialogue des chrétiens avec l'islam »).
  • les frontières fluctuantes entre orthodoxie et hétérodoxie au XVIIe siècle (et notamment les débats et difficultés suscités par la référence augustinienne, invoquée de façon générale et conflictuelle au moment même où elle est perçue par le magistère comme inadaptée) ;
  • l’opposition entre un idéal d’accommodement, d’adaptation du religieux aux pratiques sociales (bien incarné par l’action de la Compagnie de Jésus) et une religion de la rupture et de l’attestation, tournée vers une recherche de l’authenticité originelle (représentée en France par le mouvement de Port-Royal) ;
  • La question de la pluralité religieuse, au XVIIe siècle, à travers deux axes principaux : la controverse anti-protestante à Port-Royal, et notamment les deux traités de la Perpétuité de la Foi, composés par Arnauld et Nicole ; le discours sur les religions non chrétiennes dans les Pensées de Pascal, et le statut apologétique de la pluralité religieuse ; la nouvelle apologétique pascalienne et le changement correspondant dans la conception de l’incroyance.
  • Richard Simon et la naissance d’une exégèse scientifique ;
  • les tensions au XVIIème entre théologie positive et théologie spéculative ;
  • les bouleversements induits par la révolution scientifique dans le rapport au religieux.

Directeur : Monsieur THIROIN Laurent, Professeur de littérature française du XVIIème siècle à l’université LUMIERE LYON 2 (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

Retrouvez le site du Grac.