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Assises des Religions & de la Laïcité

3 octobre - 4 novembre 2016

Médias, Ressources, Portfolio

ASSISES ISERL LOGOTYPE WEB V2 Journée d'étude "Bibliothèques, religions et laïcité", organisée par Fabienne HENRYOT, conservateur des bibliothèques, maître de conférences associée à l'ENSSIB, avec le soutien de l'ENSSIB, du LabEx COMOD et de l'SERL, en partenariat avec le Centre Gabriel Naudé, le 7 octobre 2016 à l'IFE-ENS de Lyon.

 

Résumé

Il n’est pas une bibliothèque publique qui, de Troyes à Toulouse, de Montpellier à Caen, de Bordeaux à Strasbourg, n’ait organisé depuis janvier 2015 une ou plusieurs manifestations sur la laïcité, du point de vue de son histoire, de ses problématiques contemporaines, de ses rapports à la République, en vue de combattre et de clarifier mille malentendus, amalgames et idées reçues sur les liens entre État, société, espace public et convictions religieuses individuelles. Cette programmation plus ou moins spontanée prend place dans un contexte politique très directif. En mars 2015, la ministre de la Culture Fleur Pellerin confiait à Sylvie Robert, sénatrice d’Ille-et-Vilaine, une mission d’observation et préconisations pour évaluer et faire évoluer les horaires d’ouverture des bibliothèques publiques. L’enjeu était politique : « Dans une société confrontée à la remise en cause des valeurs de liberté, de tolérance et de laïcité, les bibliothèques ont un rôle central à jouer. Symboles de la liberté de pensée et de publication, ce sont des lieux de partage, des espaces de rencontre, de débat et de dialogue, dépositaires de la mémoire d’un peuple et de la diversité de ses points de vue. Le rôle des bibliothèques au service de l’échange et de la tolérance doit être plus que jamais souligné et encouragé, en leur permettant notamment de toucher un public toujours plus large » peut-on lire dans le communiqué de presse du Ministère. La chargée de mission l’a bien compris, qui écrit quelques mois plus tard dans son rapport : « La bibliothèque est aujourd’hui le lieu par excellence des libertés. « Phare de la laïcité », ainsi que la qualifie Patrick Weil, elle pourrait devenir l’espace de la démocratie citoyenne, là où surgit la parole publique, là où se met en œuvre notre vivre-ensemble. » Mais n’y a-t-il pas là l’expression d’une véritable mythologie du livre ? C’est précisément ce présupposé que la journée d’études du 7 octobre entend creuser et vérifier, pour définir exactement la mission assignée par la société et les pouvoirs politiques à la bibliothèque, supposée assurer une véritable acculturation du citoyen, quelles que soient son origine sociale, culturelle, religieuse. L’idée de la bibliothèque comme creuset de la Nation comprise comme un ensemble cohérent d’individus adhérant aux mêmes valeurs sociales et politiques est ancienne ; c’était déjà, en 1791, le projet de l’Assemblée nationale. L’observation du temps « long » n’est donc pas inutile pour comprendre les sources de cette conception politique des bibliothèques. L’histoire immédiate est également riche d’enseignement car elle montre comment émotion et réflexion se combinent pour rénover notre perception de la bibliothèque comme espace public, espace visible, neutre (mais l’est-il vraiment ?), laïc, dans lequel la mission de médiation et d’animation, devenue centrale et souvent déconnectée des collections, est de plus en plus tournée vers l’apprentissage du vivre-ensemble.